Jour 15 – Malbouzon – Nasbinal

Toute petite étape de 13km aujourd’hui, mais la douleur est trop persistante pour faire plus. Le cheminement vers Nasbinal se fait via des routes essentiellement . Il faut d’abord rejoindre le GR65 que j’avais quitté pour rejoindre Malbouzon. 4 km plus loin, je rejoins le GR où pas mal de pèlerins sont déjà en route Les paysages sont de plus en plus beaux.
En revanche, toutes les routes sont bordées de clôtures de fils de fer barbelé indiquant clairement les limites territoriales au bétail, mais aussi aux pellerins; pas facile de trouver un coin bivouac dans ces conditions; il faudra un repli vers un camping. La route est rapide jusqu’à Nasbinals, le parcours est bouclé en 3 heures, ce qui est assez lent malgré tout, parsemé de plusieurs pauses de récupération pour mon tibia.
De ce fait, je comprends que cette première partie jusqu’au Puy en Velay à été pour moi un moment de découverte de mon corps. J’ai eu l’occasion de rencontrer bon nombre de pèlerins au cours de ce voyage, chacun d’eux emmène avec lui ses faiblesses. L’important est de savoir les reconnaitre à temps et de savoir les gérer. Parcourir plusieurs dizaines de kilomètres par jour pendant des semaines met le corps à rude épreuve, et il est fondamental de savoir anticiper les douleurs et blessures avant qu’elles n’arrivent vraiment.



J’arrive vers 11h30 Au camping municipal qui se situe 1 km au nord du chemin. Avant cela j’ai fait une longue pause à Nasbinals ou j’ai pris le temps de boire un café sur la place centrale, très animée.
Au camping j’ai installé mon camp une première fois mais après une remontrance bienveillante du gérant challengeant le lieu où je m’étais installé, je me suis réinstallé à un autre endroit, celui réservé aux marcheurs.
Après-midi tranquille au camping puis Les pèlerins arrivent vers 17h30. Notamment Jean-Paul Le sosie absolu de John Malkovitch. Je fais également la connaissance de Pauline, habitant la région parisienne, étudiante, 21 ans. Enfin repas du soir, blabla avec Pauline et Jean-Paul, puis dodo.
Pauline fut la première d’une liste d’amtiés solides forgées durant le chemin. Mais ce jour la nous n’en savions rien. On n’a pourtant rien en commun à priori. Et pourtant, on aimait bien marcher ensemble, ou séparément, sans prendre ombrage; puis se retrouver un peu par hasard …ou pas à l’occasion d’un camping., ou d’un bivouac sauvage dans la Meseta espagnole.
J’ai rencontré Pauline a Nasbinals, on ira à Saint Jacques ensemble, mais séparément. Ce n’est pas facile à expliquer. J’aimerai avoir le talent d’un auteur classique pour exprimer avec des mots ce que l’on ressent et ce que l’on vit avec ces rencontres incroyables sur le chemin. Merci Pauline.


Question matériel, rien à signaler. Pour la première nuit en camping en Aubrac, le duvet était parfait compte tenu du vent et de la fraîcheur liés à l’altitude. Je ne sais pas si ce duvet sera utile une fois dans la canicule de Juin, on verra. Ma cuisse, ma hanche et mon tibia me font mal. La nuit prochaine je prendrai Un shoot d’ibuprofène pour me reposer de ces douleurs.
Demain objectif d’atteindre Saint Chely d’Aubrac, et bivouac encore une fois.