Jour 2 – De La Forteresse à D’ornassieux-Balbins
J’émerge vers 7h00 , plie bagages sans être géné par l’humidité compte tenu de la sècheresse et de la chaleur et prend la direction de St Michel de St Geoirs après un petit déjeuner frugal.
Sur le chemin, nous croisons un paysage que je trouve sublime, le chemin qui serpente sur une colline qui domine l’ensemble du paysage. Le chemin disparait ensuite, laissant place à l’imagination.

J’arrive à St Michel vers 8h30. Un cimetière situé un peu avant le village me permet de refaire le plein d’eau. En passant dans les rues désertes du village, je vois la porte de la mairie ouverte, nous sommes Samedi … Bizarre ?. J’y rentre à tout hasard et fait la connaissance de Monsieur le maire, tout sourire, habillé en agriculteur, profitant de son jour de repos pour solder les affaire courantes du village. Ils sont en pleine période d’ensilage et opèrent à tour de rôle sur les prairies., défilé de camions remplis d’herbe fraiche qui sera placée sous bâche.

J’avais inauguré ma crédentiale avec le tampon de la mairie de Biviers et c’est avec plaisir que Monsieur le maire de St Michel me dédicace et inaugure la première étape de celle-ci.
J’avais eu l’occasion de faire deux fois la randonnée entre Tullins et St Michel, j’étais donc en territoire connu, je savais ou étaient les points d’eau, je connaissais la route et les chemins. A partir de St Michel, et jusqu’au bout, c’est l’inconnu; je me fie au guide édité par l’ARA pour aller jusque Gillonay.

Passé le village de St Michel, on remonte plein nord et cela descend assez raide jusqu’au village de Cours. Ensuite c’est la traversée de la plaine de la Bievre, on contourne successivement le village de St Geoirs, St Etienne de St Geoirs,
Ensuite Brezins ou je rencontre mon premier pèlerin vétéran, reconnaissable entre tous par la pierre installée dans son jardin et indiquant le nombre de kilomètres restants pour rejoindre Santiago. Il avait fait depuis Brezins le pèlerinage complet en 2013; café, une bonne heure d’échanges et je repars. Etonnant de constater combien ce pèlerin s’est dévoilé au plus intime avec moi, autre pèlerin différent mais pourtant tellement semblable. Je constaterai d’ailleurs cette facilité d’échange de multiples fois tout au long de ce pèlerinage. Le moment est venu de dire au revoir à ce nouvel ami.
On contourne ensuite par la gauche l’aéroport de St Geoirs, 5Km de champs et c’est l’arrivée, enfin, à Gillonay. Je vais pouvoir prendre le GR65 “officiel”, bretelle entre Genève et Le Puy en Velay. Est-ce déjà le chemin de Compostelle ?


Je choisis de faire une courte halte déjeuner près de l’église de ce village situé au pied des terres froides et je continue, impatient de rejoindre ce fameux GR65, et c’est chose faite au cimetière ou je rencontre le premier balisage rouge et blanc !
c’est déjà une première étape de franchie. Le premier guide, celui de l’ARA entre Grenoble et Gillonay disparait. Chasse au poids oblige.
Le chemin devenu GR se faufile à mi-hauteur des terres froides jusqu’à la côte St André. C’est d’ailleur dans cette ville que je vais rencontrer mon premier cheval de Troie, probablement inoccupé.

Je commence à chercher un hébergement pour la nuit et après quelques tentatives infructueuses dans le village de Faramans (les hébergement sont encore peu nombreux sur cette partie du parcours), c’est finalement a d’Ornassieux-Balbins, chez Aurélien et Jeanne que j’atterris. Accueil Jacquaire, un couple et 3 enfants, moment d’échange très intéressant, eux deux sont intermittents du spectacle, acteurs, musiciens, poètes, conteurs, magiciens. Diner sur la terrasse de leur grande maison. Ils ont fondé une compagnie de théâtre professionnel et semblent arriver à en vivre.

Discussions jusqu’à la nuit, je me couche et passe une très bonne nuit, pleine de rêves de théatre, de spectacles, de concerts de musique et chemins de grande randonnée.