Jour 11 – Du Puy en Velay à Rochegude
C’est mon tour!
Lever 6h00, petit déjeuner dans la foulée avec les hospitaliers et rendez-vous à la cathédrale, cette fois-ci avec le sac sur le dos, avec toutes les affaires à l’intérieur tirées au cordeau! La messe du jour est beaucoup plus classique et moins attractive que celle de la veille. Il doit y avoir plusieurs prêtres faisant les cérémonies et celui du jour est beaucoup plus à cheval sur le respect de l”aspect traditionnel de la messe. C’est bien, j’aurais eu l’occasion de voir deux facettes très différentes de cette cérémonie.

La bénédiction, qui suit la messe se déroule en deux temps: la bénédiction proprement dite, suivie par un échange entre le prêtre et les (futurs) pèlerins. Durant cet échange il est demandé aux uns et aux autres leur provenance ainsi que leur point de départ. Je constate que toutes les régions de France sont représentées, Nord Sud et Est Ouest.
Je fais tamponner ma crédenciale par des bénévoles en place pour gérer cela et le cérémonial des grilles s’ouvrant vers le début du chemin à bien lieu (on ne sait jamais, une panne …). J’entame ma descente des fameux escaliers, 134 marches paraît il ? un petit article Wikipédia ici sur cette cathédrale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame_du_Puy-en-Velay

Durant ces dix premiers jours de marche, j’ai eu l’occasion de faire un premier tri sur les affaires inutiles que je vais pouvoir renvoyer à mon domicile. En premier lieu mes chaussures, celles qui m’ont fait tant souffrir, ma tablette de lecture; en effet, conforté par de nombreux témoignages, la lecture ne fait pas partie des priorités du pèlerins, faute de temps et de motivation. J’ai renvoyé également mon premier guide de Grenoble au Puy en Velay. La poste ouvrant à 9h00, je suis obligé de flâner, de prendre un second petit déjeuner, avec un croissant cette fois!

9h20, vrai départ! direction Saint Privas d’Allier et quelques kilomètres après, arrêt à Rochegude, lieu du gite ou j’ai prévu de passer la nuit. La montée vers le plateau, bien que fort redouté de beaucoup de pèlerins ne me pose guère de problème. Il est vrai que j’ai 10j d’entrainement derrière moi. Cette montée se fera sous un faible pluie et la chaleur. J’inaugure le poncho de pluie, celui que j’ai en ma possession depuis 20 ans et qui semble impeccable. Je trouve que je suis bien mouillé dedans ? probablement la transpiration sous cette chaleur. A suivre …
Arrivé à St Christophe-sur-Dolaison, je vois les premiers pieds victimes apparaitre de personnes aux traits tirés, ce qui n’est pas bon signe pour un pèlerin; nous ne sommes qu’à 7 ou 8Km du Puy, il en reste 1500Km à faire …

Les édifices de cette région, en pierre volcanique noire sont tous plus magnifiques les uns que les autres, ainsi cette chapelle (Saint Roch) située juste avant d’arriver a Montbonnet, ville première étape “officielle” référencée dans l’ouvrage incontournable “miam miam dodo”.
Je découvre un aspect important du chemin: Le pèlerin rencontre très peu de lieux de ravitaillement sur le chemin, et nombre d’entre eux sont fermés le Lundi. Il est bon de prévoir deux jours d’autonomie pour les repas de midi chaque Samedi. Le Dimanche il sera bien souvent trop tard.

Le chemin continue sur un parcours très bucolique et le temps, orageux avec des ciels très chargés et très contrastés participe pour beaucoup à de belles prises de vue. En témoigne la photo ci-dessus, prise juste avant l’arrivée au village du Chier. Ce village est par ailleurs sur le podium des noms comiques rencontrés sur le chemin, en concurrence directe avec Montcuq et bien d’autres. Bien sur, chaque pèlerin y va de sa petite réplique, et chaque pèlerin y va de sa petite photo qu’il fera suivre à ses amis.


La pluie de ce matin semble s’être éloignée mais le ciel reste relativement menaçant. Le poncho de pluie n’est pas bien loin, encore mouillé de la pluie du matin. La route est longue jusqu’à Rochegude et je ressens les premiers signes de fatigue. En revanche, mes nouvelles chaussures sont idéales et mes douleurs de pied s’estompent davantage à chaque heure de marche, ne laissant subsister qu’un vague souvenir. La douleur du muscle releveur semble s’appaiser elle aussi.
En terme d’organisation, je multiplie les pauses pour reposer ce muscle et ne pas trop le solliciter. Binetôt tout cela ne sera plus qu’un mauvais souvenir, j’en suis sûr
Le chemin nous fait passer par Saint Privas d’Allier, presque au bout de mon étape, c’est un village magnifique. Ce qui est notable pour moi, après ces 12 jours de marche, c’est que le fait de découvrir ces beautés par le chemin, en arrivant progressivement et dans l’ambiance est bien plus intéressant que d’y arriver en voiture. Le village se construit, on comprends pourquoi il est ce qu’il est on traverse les contraintes qui ont fait ce qu’il est.


Découverte de la “bête du Gévaudan” et de Saint Privas d’allier


Arrivé à Rochegude, un petit lieu-dit à quelques encablures de Saint Privas d’Allier, je choisis de Loger chez Franck (gite de Rochegude), gite est très confortable avec deux chambres de 4 lits. Franck est un authentique agriculteur aux compétences multiples. Ici, tout, absolument tout est fait maison; la viande, les légumes, le pain, les yaourts, le lait, etc. … c’est incroyable le temps que cela doit lui prendre.
En arrivant, j’ai tout de suite sympathisé avec Dominique, totalement à fond dans son pèlerinage, équipé d’un baton de pèlerin trouvé au hasard de ses ballades et d’un sac immense pesant au bas mot plus de 20Kg; avec des renforts aux épaules… J’avais aperçu Dominique à la cathédrale Lundi matin.

Le gite est complet ce soir, une belle tablée de 8 personnes bien sympathiques, Franck qui dine tous les soirs avec ses pèlerins, Bruno, plmbier à la retraite qui aide en Woofing Franck, Christelle très solitaire et réservée, Amandine et Gerald Parrain et filleule inséparables. Emmanuelle et Pascal, accompagnés de Christophe
un bon repas, un bon lit, je m’endors avec la conviction que le monde est peuplé de Francks. Tout ce que j’aime.